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Final Fantasy IV > Test complet

La boucle est bouclée.

Qui n’avait pas vu venir l’avènement de ce monument de RPG qu’est Final Fantasy IV sur la console portable de chez Sony ? En tous cas, je pense que comme moi, vous êtes certainement des milliers, voire des millions à y avoir pensé et pour un autre nombre incalculable de fans, vous l’avez espéré et attendu comme on attendrait un cadeau de Noël avant l’heure !

Et oui, après une version ancestrale de ce qui s’appelait à l’époque Final Fantasy II aux Etats-Unis lors de sa sortie en Novembre 1991 (Sortie JAP/SNES : Juillet 1991), le second opus à franchir un autre pays que le Japon lui-même ; c’est ainsi que 20 ans plus tard, la firme décide de remettre Final Fantasy IV au goût du jour et sur une structure portable de chez Sony, à savoir, la PlayStation® Portable™. Et pour l’occasion, le jeu se vêtit d’un titre clinquant et attractif, que l’on a tous découvert lors de sa sortie (voire bien avant avec les news/rumeurs/etc...) le 22 Avril 2011 en notre France et ce, entièrement traduit, à l’instar de Dissidia 012 sorti quelques temps avant lui.

Complete Collection ? Oui et alors ?

Avec un si beau titre, n’importe qui pourrait s’attendre à ce que cela soit juste un coup de publicité, histoire de faire vendre. Mais non, je vous rassure, si ce titre est formulé ainsi, c’est pour trois bonnes raisons :

La première, c’est la remasterisation intégrale de la version SNES/GBA de Final Fantasy IV. On peut désormais mettre la main sur une version soignée graphiquement et musicalement, rendant une qualité globale à couper le souffle : une 2D améliorée des personnages et des maps divers entièrement revues, un rendu sonore et une qualité d’arrangement audio optimale pour un son plus fluide et moins criard. En bref, c’est une version «à son maximum» de ce qu’était Final Fantasy IV à sa naissance il y a 20 ans dans le pays du soleil levant.

La seconde raison, c’est cet ajout d’un épisode appelé «Final Fantasy IV – Interlude». Qu’est-ce donc ce mode de jeu et qu’est-ce qu’un interlude au final ? Pour cela, veuillez patienter encore un tout petit peu pour voir une partie de ce test aborder la question. En tous cas, on a affaire à un bout de jeu qui en dira long sur la suite directe de Final Fantasy IV, celle connue sous le nom de Final Fantasy : Les Années Suivantes, sortie en 2008 sur les mobiles, et en 2009 sur la Wii.

La troisième raison, c’est donc l’inclusion de l’épisode «Les Années Suivantes» également ré-adapté pour la console de Sony. On y retrouve donc les personnages de l’opus original ainsi que d’autres personnages que vous reconnaitrez de par les liens qu’ils entretiennent avec les personnages principaux de l’opus d’origine, de nouveaux bosses, etc... le tout, dans une histoire qui se situe exactement 17 ans après l’épopée de Cecil Harvey.

Quoi de nouveau pour cet ancêtre de Final Fantasy IV ?

Le test s’étant axé plus particulièrement sur les aspects graphiques, musicaux, scénaristiques et in-game, on peut déjà avoir une vue prévisible de l’ensemble : rien n’a changé et pourtant, tout a changé.

Pour être plus précis. Nous retrouvons tout ce qu’on connaissait déjà de Final Fantasy IV : les personnages principaux et secondaires – par «secondaires» j’entends ceux qui ne sont pas obligatoirement dans l’équipe à la fin du jeu – ainsi que les bosses, les lieux, les quêtes annexes, les armes, les invocations ... tout est reconnaissable. Et pourtant ! Les graphismes améliorés donnent une toute nouvelle dimension au jeu : l’immersion est d’autant plus incroyable tellement elle paraît plus réelle – ce rendu a été possible grâce à ce système de 2D améliorée, qui fait sincèrement penser à de la bonne 3D. Le détail qui vous marquera le plus - du moins celui qui m’a le plus marqué cela dit – ce sera certainement les nouvelles animations des invocations revues elles aussi d’un point de vue graphique : c’est tout simplement «beau» !

Même cas de figure niveau son : la Complete Collection propose, dans les réglages de jeu, soit d’user des versions originales de l’opus de base, soit d’utiliser les versions arrangées quand celles-ci le sont ; on aboutit donc à une bande son à en couper le sifflet tellement la fluidité et la qualité sont en parfaite harmonie. C’est donc tout naturellement que la combinaison de l’image et du son en mode «remasterisée» nous ouvre la voie vers une condition de jeu plus que bonne, quasi-parfaite si on exagère un tantinet.

Côté scénario, rien n’a changé, si ce n’est quelques re-traductions par-ci par-là pour dire de faire plus «français», un point fort quand on sait que la tendance est au franglicisme ou à la traduction unique en anglais. Les évènements s’enchaînent toujours avec fluidité, l’intrigue est toujours de même qualité et l’issue finale est la même. Le seul petit plus qui vient tout changer, outre cette re-traduction globale, c’est donc l’ajout de la 2D améliorée aux décors, personnages, lieux, etc... La dimension devient plus saisissante, on se laisse volontiers entrainer un peu plus dans le jeu. On regrettera cependant une qualité douteuse des cinématiques implémentées dans l’opus, une HD similaire à la vidéo d’introduction au menu principal aurait été la bienvenue. A noter toutefois, malheureusement, que par rapport à la version DS, il semblerait qu’une ou plusieurs cinématiques manquent à l’appel. Ce n’est pas une grosse faute en soi, mais ça mérite d’être un petit manque que les plus grands fans remarqueront sans trop de peine.

Pour ce qui est du gameplay, les armes et leurs animations restent inchangées, bien qu’améliorées visuellement là aussi. Cet opus a tout pour plaire, tout comme ses versions antérieures ; et pourtant, deux détails tuent carrément une bonne partie du gameplay, des faits in-game : ils tournent autour des combats et de l’argent. Pourtant, ce n’est pas l’envie qui manque de trouver un moyen d’éviter de les rencontrer, mais il faut croire que, depuis la version SNES et GBA, ces deux faits semblent héréditaires.

Pour tout vous dire, on doit malheureusement subir le premier de ces détails fâcheux tout au long du jeu : on souffre de combats à tire-larigot. C’est presque à chaque pas que la supposée variable aléatoire générée par le jeu nous confronte à un combat – assez paradoxal non ? C’est donc cela qui empêche une progression plus fluide sur les différentes maps du jeu. Certains diront que ce n’est pas gênant, que ça fait faire du level-up en masse, etc... Mais au contraire, non seulement ça tue un gameplay entier car le level-up de masse, c’est comme la consommation de masse dans nos sociétés actuelles : plus tu en as, plus tu en veux et moins tu apprécies ; mais en plus, ça lasse de devoir subir 36,000 combats à la chaîne à chaque fois qu’on aborde un passage autre que purement scénaristique. Progresser à un rythme d’environ 2 à 3 combats tous les 25 ou 30 pas n’aurait pas été un luxe trop lourd à gérer.

Concernant les gils, on se retrouve dans la même situation que lors de l’inclusion de la monnaie « euro » dans toute la zone européenne d’aujourd’hui : on gagne beaucoup d’argent, on en amasse encore et toujours, pour à la sortie, débourser toujours plus que ce qu’on a réellement. Au début du jeu, avoir un bon stock pécuniaire, ça aide mais, plus on progresse, plus les prix sont exorbitants, jusqu’au point où même si vous atteignez la limite du 999,999,999 gils dans le jeu, vous ne seriez pas à 100% sûr de pouvoir tout acheter en une seule fois, tellement le matériel adéquat coûte les yeux de la tête ! Comme quoi, revenir à un système plus basique, avec des sommes moins faramineuses et un taux de gils à gagner par combat ou par event revue à la baisse, comme ce que l’on peut trouver dans des RPGs actuels, n'est pas forcément une tare.

Et cet interlude du coup ? Kézako !

Tout simplement, l’Interlude est, comme son nom l’indique, un épisode de transition entre deux autres. Dans le cas de la Complete Collection, cet interlude fait la transition entre Final Fantasy IV et Les Années Suivantes. Grosso modo, on se retrouve une année après les évènements de Final Fantasy IV et on reprend le contrôle de Cecil Harvey, désormais Roi de Baron, pour pouvoir résoudre une nouvelle affaire mettant une fois de plus en cause la présence de la Tour de Babil. Vous aurez donc le droit de re-contrôler le temps d’un instant certains personnages que vous aimiez déjà dans l’opus précédent. N’est-ce pas merveilleux ?

Cet interlude est très court, et vous pourrez en voir le bout facilement en une petite heure et demi, voire deux si vous prenez un petit peu de temps en plus. Personnellement, mon temps de jeu s’élève à 1 heure et 36 minutes sur cet interlude ; cela prouve donc le côté succinct de l’épisode en question.

Côté paramètres du jeu, on retrouve bien évidemment le même contenu que pour Final Fantasy IV, logique, puisque cet interlude a été fait pour être plus proche de sa préquelle que de sa suite – comprendre ‘’Les Années Suivantes ‘’ pour la «suite» - et que donc, on retrouve ce même soin et goût du détail dans le graphisme, le son, l’animation, le scénario, etc...

Le seul point qui «change», c’est l’intrigue mise en jeu. Elle est largement plus tournée vers Les Années Suivantes et des évènements qui y prendront place. Une mystérieuse fille y est mise en scène et y a pris une forme humaine plutôt inattendue pour duper le monde ainsi que l’équipe de Cecil, si bien que vous ne vous en rendrez compte qu’à la toute fin de l’interlude. Sachez tout de même que le but de cette entité – à ce moment-là, on ne conclut pas immédiatement à une forme humaine, bien que cela paraisse évident – est tout à fait singulier, puisqu’il tourne autour des éons. Mais on n’en sait pas plus et le but sera finalement de la battre en un combat de dernier instant, pour mettre un terme à cette ultime menace que le monde de Cecil rencontre ... enfin, pas si ultime que ça, sinon, il n’y aurait pas de suite ... mais on peut y voir une tentative de mise à plat par toutes les plus hautes personnalités du jeu, que vous reconnaitrez très facilement.

Le dernier point inédit et qui prêt à mettre du baume au cœur, est de savoir que deux évènements heureux arriveront, l'un du côté de chez Yang mais également du côté de chez Cecil. On ne vous en dira pas plus, mais l’anecdote vaut son pesant d’or, car c’est un clin d’œil direct à quelques personnalités présentes dans Les Années Suivantes.

The After Years... Une suite à part entière.

Etant donné que cette suite nécessiterait un autre test, on ne s’attardera pas plus longuement sur ce jeu. Cependant, ayant déjà eu l’occasion de tester cette production et ayant pu remarquer deux-trois petites choses, voici quelques-unes de mes observations :

Du côté graph-son-anim'-maps, on reste sur les bases de la 2D améliorée. Cependant, côté personnages jouables et scénarios – oui, vous n’êtes pas fous, il n’y a pas qu’un scénario, mais plusieurs qui aboutiront sur une intrigue principale – c’est évidemment une toute autre histoire qui fera référence directe à ce qu’il se sera passé lors de l’Interlude. Le seul élément qu’on pourra vous dévoiler en attendant le test réel des Années Suivantes est que le héros qui fait office de «personnage central» sera Céodore Harvey ... le fils de Cecil, rien que ça ! Hé hé !

De deux, comme dit subrepticement plus tôt, vous aurez affaire non pas à un mais à plusieurs scénarios mettant en scène plusieurs personnages, qu’ils soient connus de l’épisode d’avant ou non. Ainsi, cela permet un renouvellement scénaristique et un développement d’une intrigue qui donnent un effet «bouffée d’air frais» dans la série, ce qui laissera moins ce goût aigre de déjà savoir à l’avance ce qu’il se passera dans cet opus – même si celui-ci a déjà été abordé sur Wii.

Vous êtes indécis ? Un bref état des lieux de Final Fantasy IV : Complete Collection...

Les points positifs :

  • Un graphisme et une esthétique à couper le souffle
  • Un arrangement musical d’une qualité exceptionnelle, héritage de la version DS
  • Une histoire et une intrigue captivante
  • Une durée de vie tout à fait honorable
  • Des invocations au design revu à la hausse et d’une beauté majestueuse
  • Une réécriture plus nette de certains passages & dialogues
  • Un contenu exhaustif de cette saga qu’est Final Fantasy IV

Les points litigieux :

  • Un système de génération aléatoire de combats oppressant
  • Un système d’acquisition de gils qui vous fera plus dépenser qu’autre chose
  • Des cinématiques d’une qualité plutôt médiocre, absence d’HD
  • Un oubli de cinématiques par rapport à la version DS
  • Un sentiment de déjà vu malgré tout pour l’épisode principal

Et pour couronner ce chef d’œuvre... !

Graphisme : 18/20 – Sans doute la meilleure adaptation de cet opus toutes consoles confondues. La qualité SNES est largement surclassée et la version DS est nettement moins probante que celle performée sur cette Complete Collection. Certainement qu’Amano, le créateur de Cecil et de toute la clique doit être fier de ce que sont devenus ses bambins en terme de graphismes.

Bande-son : 17/20 – Certainement une très bonne opération que d’arranger tous les morceaux originellement prévus par Uematsu. On a le droit à des rythmes et des sonorités plus claires, plus audibles, et qui donnent une dimension plus immersive au jeu. Franchement, chapeau à l’équipe de développement chargée de l’arrangement musical.

Scénario : 17/20 – Même si c’est du domaine du prévisible, on peut sans aucun doute rester sur un sentiment positif quand à cet ajout de l’interlude et de l’incorporation de l’opus «The After Years» pour effectivement aboutir à une « Complete Collection». C’est avec joie qu’on redécouvre l’histoire et l’intrigue par laquelle nos héros doivent passer pour définitivement décrocher le titre de «personnages emblématiques» de la saga.

Gameplay : 14/20 – Alors oui, c’est une note plutôt modeste, mais elle est en conséquence de ces points noirs qui ont été délibérément conservés depuis la version GBA et ce, sur chacun des épisodes proposés dans cette Complete Collection. Une fréquence de combats aléatoires à la limite du ridicule, un système de dépenses/acquisitions bien en-dessous des espérances, on préfèrera au final éprouver de la difficulté devant certains bosses plutôt que de perdre inutilement du temps à amasser de l’argent qui sera très vite retranché pour des armes/équipements à prix exorbitants. Mais sinon, le reste du gameplay demeure au final d’une très bonne qualité, ce qui lui vaut une note tout à fait honorable tout en restant honnête.

Durée de vie : 16/20 – Une note un poil au-dessus du gameplay, qui résulte principalement de la diversité de quêtes annexes et autres recherches à faire dans chacun des épisodes compris dans le jeu global. La diversité de quêtes est satisfaisante quand elles sont là, l’utilité est généralement bénéfique si on met à profit les récompenses de ces quêtes, etc... Le seul point négatif vient hélas de ce temps inutilement passé en combats aléatoires générés à une fréquence à la limite du supportable et ce besoin quasi-nécessaire de faire du grind en masse pour être financièrement apte à pouvoir se procurer tout le stuff nécessaire à toutes et à tous pour être correctement parés devant les ennemis/bosses qui sont parfois très vicieux dans leurs procédés d’attaques.

Conclusion : 15/20 – Alors oui, ce n’est pas la note moyenne mathématique du test en lui-même, mais surtout, c’est la note qui résulte de mon ressenti sur ce jeu. Outre le fait que les points négatifs m’aient passablement titillés tout au long du jeu, on n’en reste pas moins réceptif aux efforts fournis pour obtenir un jeu d’une qualité époustouflante et on peut également dire que ce jeu fait une très forte impression et que c’est cela qui rehausse tout naturellement la qualité intrinsèque du jeu.

En résumé...

Ce jeu est une très belle production et on avouera que même si on était légèrement agacés des précédentes productions de la firme (cf. Dissidia 012 avec sa traduction franchement douteuse en franglais typique de notre société actuelle ; ou encore l’opus n°13) et tout ce changement dans l’approche d’un Final Fantasy et de ses emblèmes qu’on n’a finalement jamais retrouvé mais qui restait tout de même acceptable niveau qualité, avec cette Complete Collection, Square Enix a de quoi se réjouir, car c’est une occasion rare et exceptionnelle de pouvoir redorer son blason et de se remettre sur le devant de la scène, en prévision de futures créations et/ou ré-adaptations.

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